Le 14 octobre 2026 avait lieu le 79e Meetup WordPress Toulouse à La Cantine by La Mêlée. Au programme : les actualités de la communauté, une revue du web consacrée aux alternatives à Google Analytics, puis une conférence sur la création de sites multilingues avec le FSE et Polylang, animée par Christelle Stasse, coach WordPress et co-organisatrice des meetups.
Les Actualités WordPress, par Valentin Grenier
WordPress propulse 40,1 % du web selon W3Techs, soit 3,2 points de moins en un an. Pas de quoi parler de déclin pour autant : d’après des chiffres présentés par Jonathan Buttigieg au WordCamp Bretagne, le nombre de sites WordPress, lui, n’a jamais cessé de grimper (autour de 35,5 millions en 2026). C’est la part relative qui plafonne, pas la création de sites.
Côté versions, WordPress 7.1.3 est sorti le 6 octobre : une mise à jour de sécurité, à installer sans attendre. La bêta 1 de la 7.2 était attendue le 20 octobre, avec un nouveau mode Suggestion dans les Notes. Le multilingue dans le cœur n’est pas au menu de la 7.2 : il reste prévu en phase 4 de la feuille de route de Gutenberg.
Côté agenda, WP Community, l’annuaire des prestataires WordPress francophones, organise le WP Community Talks #1 le 22 janvier 2027 : une journée de conférences WordPress 100 % en ligne et en français, dont l’appel à orateurs courait jusqu’au 23 octobre sur talks.wp-community.fr. Et les replays du WordCamp Bretagne 2026 arrivent au compte-gouttes sur WordPress.tv : sept vidéos étaient déjà en ligne.
Nous avons aussi relancé notre appel aux orateurs pour la saison : un sujet à partager, même sans jamais avoir pris la parole en public ? Venez nous en parler.
La revue du web, par Mathias Peguet
Utilisateur de longue date de Matomo, Mathias lui reproche un déploiement lourd dès qu’on gère plusieurs sites, une bascule délicate entre version hébergée et auto-hébergée, et des fonctionnalités avancées (suivi d’événements notamment) réservées à des modules payants qui font vite grimper la facture.
Google Analytics est redevenu utilisable en Europe depuis l’accord de 2023 entre l’Union européenne et les États-Unis sur les transferts de données. Mais il repose toujours sur les cookies : avec des refus de plus en plus nombreux, il ne mesure qu’une partie des visiteurs. Autre évolution à connaître : la CNIL ne publie plus de liste d’outils exemptés de consentement. Elle propose un outil d’auto-évaluation, et c’est à l’éditeur de la solution de démontrer qu’il entre dans le cadre.
Côté extensions WordPress, Burst Statistics et Independent Analytics s’installent vite mais restent limitées (pas de pays des visiteurs, par exemple) et chargent la base de données. Le coup de cœur de Mathias : Umami, une solution sans cookies. La version auto-hébergée demande un vrai serveur (un mutualisé ne suffit pas), mais l’offre cloud gratuite surprend par sa richesse : interface claire, suivi d’événements, entonnoirs de conversion. Sur une landing page, Mathias déclenche par exemple un événement quand un visiteur reste plus de 10 secondes sur une section, survole la description d’un service ou clique sur un moyen de contact : de quoi savoir ce qui intéresse vraiment. Limites du plan gratuit : 100 000 événements par mois et six mois d’historique. L’installation tient en une ligne de JavaScript, et les données restent en dehors du site.
Conférence : WordPress FSE & Polylang, le duo gagnant pour un site multilingue, par Christelle Stasse
Christelle accompagne des indépendants pour les rendre autonomes sur leur site, et ne réalise plus que des sites FSE, avec une attention particulière à l’éco-conception, à l’accessibilité et au référencement local.
Le FSE en bref
Petit rappel pour commencer : l’éditeur de site remplace les constructeurs de pages, directement dans WordPress. On y retrouve les styles, les pages, la navigation, les compositions (synchronisées ou non), les modèles et les éléments de modèle (en-tête, pied de page…), qui seront la clé du multilingue. La bibliothèque de polices permet aussi d’héberger ses Google Fonts sur le site, bon pour le RGPD comme pour les performances.
Côté méthode, Christelle part d’un thème enfant de Twenty Twenty-Five : les couleurs du client dans le theme.json, quelques fonctions dans le functions.php plutôt qu’une énième extension, et tout le CSS centralisé au même endroit. Le thème parent, maintenu par WordPress, continue d’apporter les nouveautés du cœur.
Traduire un site FSE avec Polylang Pro
La version gratuite de Polylang ne suffit pas pour traduire l’éditeur de site : il faut Polylang Pro, plus léger que WPML selon Christelle. Le modèle reste le même dans toutes les langues, seul le contenu change. L’assistant d’installation guide pas à pas : licence, langues, traduction des médias, langue par défaut.
La règle à retenir : on ne traduit pas un modèle. Tout ce qui doit changer de langue dans un modèle devient un élément de modèle (en-tête, pied de page, menu mobile, boucle de requête, commentaires…), que l’on traduit ensuite comme un contenu.
Quelques points pratiques :
- Médias : un seul fichier, mais des métadonnées (texte alternatif notamment) par langue. Pour une image qui contient du texte, on importe une version par langue.
- Sélecteur de langue : un bloc pour la navigation, un autre pour le reste de la page. Christelle évite les drapeaux : une langue n’est pas un pays.
- Chaînes de caractères : WordPress, Yoast SEO (fil d’Ariane compris) ou les extensions de formulaires se traduisent dans le menu Langues > Traductions.
- Pages et articles : la duplication du contenu en un clic évite le copier-coller des blocs. La synchronisation est à manier avec prudence, elle peut écraser une traduction.
- URL : langue dans un répertoire, un sous-domaine ou un domaine distinct. Christelle déconseille la détection de la langue du navigateur, sur l’avis de Daniel Roch (SeoMix).
- Licence : elle couvre le site et sa préprod, y compris les préprods en un clic d’o2switch, et le support répond vite.
Les échanges
Les questions ont porté sur les pages non traduites (le sélecteur renvoie alors vers l’accueil de l’autre langue), sur les boucles de requête, qui n’affichent que les contenus de la langue en cours, et sur la traduction automatique : Polylang Pro s’intègre à DeepL, mais Christelle préfère une traduction humaine. Car Polylang n’est pas un outil de traduction : il sert à construire une version du site par langue.
Retrouvez le détail de la conférence dans les slides :
Fichier PDF – 509 KB
Un grand merci à Christelle pour son intervention, à Mathias pour sa revue du web, à La Mêlée pour l’accueil et à toutes et tous pour vos questions. Rendez-vous le mardi 3 novembre pour le prochain meetup !
